La maison de la culture arménienne

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Que vous connaissiez Paris dans ses moindres ruelles ou pas, si vous ne connaissez pas le tuyau, vous ne croiserez jamais cette cantine par hasard lors d’une balade.

Resto le mieux caché de Paris, il vous faut appuyer sur le bouton de l’interphone pour ouvrir la porte verte, traverser une cour puis monter des escaliers avant d’arriver dans ce resto-cantine-maison et d’être accueilli par la conviviale gérante.

Une fois arrivé, vous aurez le sentiment d’être parmi une famille, chez eux, dans leur salle à manger. C’est chaleureux, simple, modeste. Ca vous suffit pleinement. Une déco sans grande arrogance, des tableaux éparpillés un peu partout.

Outre la famille devant la télé, quelques connaisseurs attablés par-ci par-là. Pas un fourmillement de monde, c’est bien, vous vous entendrez ainsi parler.

Pas de carte. La maman gérante vient vous lister les plats du jour. Pas plus de 3 plats. Pour cause, on est à la maison, ici, on est pas dans une usine expéditive. Vous prenez des raviolis au boeuf à tremper dans de la crème fraîche.

Une fois les plats apportés, la maman ne cesse de venir vous voir, vous, qu’elle appelle « ses enfants », pour s’assurer que tout se passe bien. A vous qui avez un appétit d’oiseau et qui avez du mal à terminer ses plats généreux, elle vous ordonne de finir votre assiette pour être en pleine forme.

Finalement, l’addition ne dépasse pas 12€. Vous y retournerez.

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LA MAISON DE LA CULTURE ARMENIENNE
17 rue Bleue
75 009 Paris

Métro: Cadet (Ligne 7) / Poissonnière (Ligne 7)

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Lundi-Samedi: 12h-15h / 19h-21h

Un bento au marché des enfants rouges

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Le marché des enfants rouges… Voilà un nom bien mystérieux pour un marché. Le plus vieux marché couvert de Paris, datant du début du 17e siècle. Son nom tient de l’orphelinat des environs dans lequel les enfants étaient habillés de rouge, couleur représentant l’amour. Joli nom, jolie histoire, le marché des enfants rouges est classé monument historique par la mairie de Paris depuis 1982.

Comme tout marché classique, des stands maraîchers et des fleuristes. La particularité de ce fameux marché, c’est qu’on peut manger sur place. Ni restos, ni camions ambulants pour emporter, mais un combo des deux: des cantines ouvertes. Pour une Vietnamienne amoureuse des boui-boui de rue, du manger rapide mais bon, et ce sans prise de tête, avec du passage et des discussions à coté en toute simplicité, c’est le paradis sur Terre. Facile, vous vous glissez sur le banc d’un stand, vous jetez un coup d’oeil au menu, ça vous plaît, vous commandez, ça ne vous plaît pas, vous changez de stand. VOUS ETES LIBRE.

Des cuisines des 4 coins du monde. Du japonais en veux-tu, en voilà. Pas le japonais miteux du coin de rue – Doux Jesus, oh que non. Dans le corner en face, un traiteur africain au nom évocateur: Le corossol – fruit exotique d’Afrique et d’Asie. Plus loin, un couscous.

Nous commandons au stand japonais chez Taeko. Des kabayakis – sardines grillées – pour moi. Plus classique, ce sera des makis au saumon et au thon.

Le marché des enfants rouges, un monde ailleurs, enchanté, en plein Paris, à la fois si proche et si lointain de la mocheté à laquelle la ville a fait face.

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LE MARCHE DES ENFANTS ROUGES

39 rue de Bretagne
75 003 Paris

Métro: Oberkampf – République – Temple
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Mardi – Samedi: 8h – 20h30
Dimanche: 8h30 – 17h

Nopal, nopalito

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J’apprends à être fascinée par les assiettes travaillées de la haute gastronomie mais je reviens toujours à mon premier amour: la street-food. C’est indéniablement ancré dans ma culture, en moi. Je clame et réclame mon amour pour les chariots ambulants de Saigon. Siroter un pho sur une petite chaise bancale en plastique pour enfant sur la place du marché, pour 2€, ça ne peut être plus réconfortant.

En recherche perpétuelle d’humilité, rejetant les fioritures et le présomptueux, j’aime les boui-boui de rue.

El Nopal, c’est pas un restaurant, ni une cantine, ni un food-truck. C’est une devanture: vous faîtes la queue devant, vous commandez puis vous partez manger sur les quais du canal St-Martin.

A peine une dizaine de spécialités sur le tableau noir mais à l’exécution bien maîtrisée.

Ici, du mexicain. A ne pas faire l’amalgame avec le tex-mex, cuisine née au Texas avec des influences venues de l’autre côté de la frontière et représenté en France par de navrantes chaînes attrape-nigauds.

Le petit plus du Nopal, outre le fait que sa cuisine est authentique, c’est qu’on y trouve… du nopal. Du cactus, donc. En tranches dans des tortillas, pour la campechana. Son aspect piquant est bien représentatif de son goût. Beaucoup de caractère, adouci par le fromage et l’avocat. Un tantinet acide, un tantinet piquant, un tantinet aigre, difficile d’imaginer le goût et la texture quand on n’y a pas goûté.

Vous pouvez aussi tester la torta, sandwich rond fourré aux frijoles refritos (purée d’haricots rouges) et à la viande de votre choix. Pain parfait mi-moelleux mi-croustillant et picadillo (boeuf) effiloché à se damner.

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E L   N O P A L 
3 rue Eugène Varlin
75 010 Paris
Prix: 7-9 €

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Horaires:
du mardi au jeudi: 12h-15h/19h-22h
vendredi: 12h-15h/19h-23h
samedi: 13h-23h
dimanche: 13h-21h

Le dodo

 J‘ai eu l’occasion de tester de nombreux restos/cantines/pâtisseries à Paris (cf. la page de mes adresses) et nombreux sont ceux qui sont devenus des incontournables pour moi, là où je sais que je dois aller quand je ne veux pas prendre de risque et juste me réconforter ou quand je suis avec des amis qui veulent tester de nouvelles adresses.

Mais parmi ces incontournables, il y a des perles rares, que peu de gens connaissent mais qui valent vraiment la peine d’être plus connues. Voilà le but de cet article qui se complètera au fur et à mesure: faire connaître les endroits cachés de Paris.

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Le dodo, c’est un oiseau de l’Ile Maurice. Mon amie mauricienne m’a fait découvrir ce petit resto récemment et j’en suis tombée amoureuse (à vrai dire, je tombe vite amoureuse quand il s’agit de cuisine). Mais ceux qui me connaissent bien savent mon amour pour la cuisine chaleureuse, celle qui a du goût. L’épicée, la colorée.

En plein coeur du quartier africain de Paris (Gare de l’Est – Château rouge – Strasbourg, Saint-Denis), le dodo est petit. Le dodo a une devanture modeste. Ici, pas de chichis. Une déco intérieure tout ce qu’il y a de plus simple. Deux trois cadres de dessins de l’île et puis c’est tout.

Une carte en simple carton plastifié pliée en trois. On s’y perd, dans des noms de plats inconnus, mais tout est à prix si raisonnable qu’on se laisse tenter.

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On commande à toute vitesse, les plats arrivent aussi à toute vitesse.

Le dodo, c’est un de ces restos qui ne cherchent pas à en mettre plein la vue. Parce qu’ils savent que l’explosion de saveurs que le client ressentira en bouche se suffira à elle-même. Le dodo, c’est de ceux qui me séduisent par leur humilité et leur ambition à proposer du vrai. Ici, tout est fait maison et on ne ressent pas ce côté commercial si désagréable retrouvé dans d’autres cantines du genre. Si vous arrivez trop tard, certains plats n’y seront plus (comme les fameux puits d’amour).

  • Les gâteaux piments ou bonbons piments

Les gâteaux piments (et non pas gâteaux de piment ou gâteaux au piment hein, je me suis faite rectifiée par mon amie mauricienne) sont des petites boulettes de pois cassés (dholl) écrasés frites, avec des épices et bien sûr, du piment. On pourrait s’attendre à ce que ça pique mais en fin de compte, c’est très bien dosé.

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  • Les dhall poori

Sorte de crêpe un peu feuilletée, cuite à la poêle, à base de pois chiches écrasés.

Ils se mangent avec un satini (ou chatni pour les Indiens, ou encore chutney pour les Anglo-Saxons), sauce épicé à base de fruits (satini mangue verte) ou légumes (satini pomme d’amour, la pomme d’amour désignant chez les Créoles la tomate), de piment, d’ail et d’herbes aromatiques. Le satini vient apporter sa touche de fraîcheur.

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  • Les rotis ou faratas

Les rotis sont des sortes de crêpes également, mais sans pois chiches. Ils me rappellent fortement les crêpes chinoises à la ciboule (cong you bing).

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  • Le biryani au poulet

Une assiette énorme de riz basmati bien parfumé au safran et à la cardamome. Avec de gros morceaux de poulets bien tendres et des pommes de terre. Pour un appétit comme le mien, une assiette comme ça me sert facilement pour deux repas. Ne pas hésiter à demander à emporter le reste, il serait dommage de mettre à la poubelle de la si bonne nourriture. Le tout pour 7€ seulement.

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  • Le rougaille de poisson 

Du riz basmati nature. Du poisson avec une base de sauce tomate.

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  • Le lassi

Impossible de ne pas accompagner son byriani par un lassi, onctueuse boisson à base de lait fermenté. Nature, sucré, à la mangue ou à la rose, il vient apporter sa touche de douceur et de velouté à ces plats épicés.

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Petit rituel avant de partir, petit tour au comptoir pour une razzia de desserts.
Desserts très doux, avec la cardamome toujours très présente.

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  • Le rasgoolla 

C’est une boulette à base de fromage et de lait ayant baigné dans un sirop sucré, bien fondante en bouche.

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  • Le puits d’amour

Un incontournable selon moi. J’avais tenté d’en faire à la maison (https://thanhlycuisine.wordpress.com/2014/08/21/puits-damour-mauriciens/) mais ma crème n’égale absolument pas la leur. Une crème onctueuse, délicatement parfumé à la vanille qui se mêle au doux coco râpé qui recouvre la crème. Un pur moment de magie dès la 1ère bouchée. 

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Le dodo
14 rue de la Fidélité
75 010 Paris
Fermé le dimanche